The Elder Scrolls IV : Oblivion

  • Posté par Posté par : DarkYosh     
  • Date Le Dimanche 02 Avril 2006     
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4 ans, 4 longues années déjà que sortait The Elder Scrolls III Morrowind, et bien plus encore (12 pour être exact !), qu’arrivait l’un des précurseurs du jeu de rôle : The Elder Scrolls : Arena premier opus de la série. Depuis, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts, et beaucoup de choses sont passées dans la tête des gens de Bethesda, développeurs de la licence depuis ses débuts. La technique a évolué, et c’est aujourd’hui que l’on peut découvrir Oblivion, quatrième volume et digne héritier de la saga.
 
Tous les fans de RPG le savent et l’ont vécu, l’attente a été insoutenable. Ponctuée de quelques vidéos annonciatrices de graphismes impressionnants et d’une liberté d’action renversante, l’arrivée d’Oblivion aura été faite en grandes pompes. De quoi attirer le chaland, mais encore faut-il que le jeu soit à la hauteur des attentes et des promesses pour que Bethesda garde ces derniers dans son escarcelle. La pire crainte de tout joueur fan de Morrowind avait été de savoir si cette suite sortirait aussi buggée que son prédécesseur. Souvenez-vous des retours Windows à répétition, des errances graphiques et des incohérences de traduction… Autant le dire tout de suite, vous allez pouvoir jouer l’esprit tranquille.
 
Il y a certes de temps à autre quelques bugs agaçants, des retours Windows imprévus, et même quelques erreurs de traduction (une épée finement nommée « hache de glace » par exemple…), mais rien qui n’entache le plaisir du jeu, et qui surviennent bien trop rarement pour finir par nous agacer. Même si tout n’est pas parfait, ce n’est déjà pas si mal !
 
C’est donc sans crainte que l’on peut rentrer dans le vif du sujet. Premières secondes de jeu, première claque. Oblivion est superbe, aucuns doutes la dessus. Vous débutez votre quête dans une prison, où la lumière des torches se reflète sur les murs de pierre, où la lumière du jour vous parvient à travers une légère ouverture, et c’est tout simplement somptueux. Bethesda n’a pas mit les mains dans les poches pour programmer son moteur graphique, et l’a d’ailleurs couplé à un moteur physique vous permettant de déplacer la plupart des objets présents dans le jeu. Libre à vous, par exemple, de mettre au quatre coins d’une échoppe les articles de présentation, ou même de vider votre inventaire et de n’en laisser qu’un vulgaire tas en pleine forêt.
 
La première petite heure du jeu se concentre principalement sur votre personnage, et fait office de tutorial. C’est ainsi que vous déterminerez votre classe, qui sera prédominante de votre façon de jouer, et qui apportera au gré de vos choix, une influence directement sur le gameplay. Libre à vous, donc, de vous créer un barbare ne jurant que par le fil de sa lame, un elfe archer, un Khajiit magicien, ou même un voleur Argonien. Le choix est immense, ne serait-ce que pour la création de votre personnage : un panel de 10 races, pour un éventail de classes, vingt et une au total. Peu de chance, donc de faire un personnage qui sera identique à un autre ou à celui d’un autre joueur. D’autant plus que l’interface de création de votre visage est extrêmement poussée. Un peu à la manière, par exemple, des Sims 2 (si si, je vous jure !), vous pourrez modifier la quasi-totalité de la morphologie de votre bonhomme. Taille des sourcils, des narines, profondeur des yeux ou encore couleur de peau, chevelure et âge.
 
La variété est donc de mise, et après cette première phase un peu fastidieuse, vous allez pouvoir commencer l’aventure, la vrai. Pas de petite mesure, puisque c’est sur vous que va reposer le poids du monde de Tamriel. A peine vous réveillez-vous, amnésique (c’est de coutume, rappelez-vous Morrowind…), dans les geôles puantes de la Cité Impériale de Cyrodiil, que vous avez la visite imprévue de l’empereur lui-même, messire Uriel Septim. Pas de chichi, il prétend vous avoir déjà vu en rêve et sent en vous quelqu’un d’important que le destin a placé sur son chemin pour une raison bien précise, rien que ça. Laquelle ? Vous ne le saurez pas encore, mais le principal est fait, et vous emboîtez le pas à votre suzerain dans un dédale de couloirs et d’égouts qui sera votre formation à Oblivion. Et puis patatra, l’empereur et ses hommes tombent dans une embuscade, et c’est donc à vous que le suzerain va confier son trésor, l’amulette des rois, en vous attribuant la lourde tâche de retrouver son dernier héritier et de le lui transmettre ; juste avant de pousser son dernier souffle. Ne vous inquiétez pas, je n’en révèlerais pas plus, je vous laisse la surprise et le plaisir de le découvrir par vous-même.
 
Sachez toutefois que la quête principale, qui se boucle sans forcer en une vingtaine d’heure bien tassée, est assez intéressante et prenante pour ne pas s’ennuyer. C’est tant mieux, même s’il faut le dire : ce n’est pas l’essence propre du jeu. D’accord, l’histoire et le destin de Cyrodiil pèse sur vos frêles épaules, mais ce n’est pas une raison pour ne pas s’égarer quelques heures hors des sentiers battus.
 
Et là c’est la seconde claque, sur la joue encore fraîche, alors que l’autre souffre toujours du soufflet visuel de tantôt. Oblivion est riche, très riche. Si riche que l’on doute même un jour d’en parcourir tous les mètres carrés. La liberté d’action a toujours été le maître mot des Elder Scrolls, et Oblivion ne déroge pas à la règle. Aussi, libre à vous d’abandonner pour un temps la quête principale et de vous attaquer à toutes les missions secondaires que compte le jeu. Et sachant qu’il y en a environ 200, vous allez avoir du boulot ! Cela peut aller de la chasse aux pumas, à la résolution d’un vol, d’un meurtre, ou même l’assassinat d’une personne influente. Le sel d’Oblivion réside également dans tous les donjons qui garnissent Cyrodiil. Ça et là sur la carte, vous découvrirez des lieux abandonnés, peuplés de gobelins, de rats géants, de vampires, de minautores, et autres créatures qui ne manquerons pas de vous donner du fil à retordre et de vous abandonner quelques objets intéressant que vous pourrez vendre à l’échoppe du coin.
 
Mais il va falloir marcher, car le monde à parcourir est immense. Trois solutions s’offrent alors à vous. Jouer le pur aventurier et vous traîner d’une cité à l’autre au pas de course. Solution qui ne manquera pas de vous faire découvrir quelques donjons et quêtes annexes. Autant dire qu’il vous faudra bien plus longtemps que prévu pour atteindre votre destination car les raisons de s’en détourner sont nombreuses. Seconde solution, acheter un cheval pour parcourir les étendus boisés. Sympathique, et d’ailleurs chose qui n’était pas présente (et regrettée !) dans Morrowind. Seule frustration, le combat à cheval est impossible. On aurait pourtant bien aimé tirer à l’arc ou lancer un sort au triple galop. Dommage, mais la communauté des moddeurs planche déjà sur le sujet, comme nous le verrons tout a l’heure. Enfin, troisième et dernière solution, le voyage rapide. A partir de la carte, un simple clic sur une zone importante vous y transporte instantanément. Pratique quand on ne veut pas se farcir plusieurs kilomètres à patte, mais qui fiche un grand coup dans les gencives du réalisme.
 
Une solution bien regrettable mais parfois utile, même si elle nous empêche de profiter des décors somptueux du jeu. Car si le début dans la prison est superbe, et la plupart des intérieurs du même acabit d’ailleurs, les décors extérieurs apportent réellement une toute autre dimension au jeu. Une distance de vue ahurissante, de la végétation qui bouge au grès du vent et accompagnée par des ombres dynamiques, la gestion en temps réel du jour et de la nuit… Mieux encore, la gestion du HDR, système déjà vu dans Half-Life 2 Loast Cost ou encore FarCry. Le soleil vous éblouie, se reflète sur les murailles ou sur le fil de votre lame. Autant dire que l’on n’a pour l’instant pas fait jeu vidéo plus beau, toutes catégories confondues. Mais bien sûr, pour profiter au maximum de la bête, il faudra une machine de course. Tous les détails à fond, le jeu est un vrai gouffre graphique, plus encore si l’on active certaines options en bidouillant directement dans le fichier de configuration afin d’avoir des graphismes plus beau encore. Heureusement, Oblivion tourne raisonnablement sur des machines milieu de gamme, ce qui prouve que les programmeurs ont quand même fait un boulot remarquable.
 
Mais hélas, Oblivion n’est pas exempt de défauts. Et c’est la gestion de l’inventaire qui reste la plus fastidieuse, peut-être à cause d’une adaptation pour la XBox 360 et donc d’une « consoléisation » un peu regrettable. La carte s’affiche en si gros plan qu’il faudra user de la souris pour naviguer d’un coté à l’autre, et impossible de dézoomer. Même si l’on est forcé de s’y faire, il est tout de même dommage de souffrir d’errance comme cela là, d’autant que le gameplay général est d’excellente qualité. Autre point négatif, une animation un peu rigide des personnages du jeu (et pas des créatures à contrario !), et surtout un manque énorme de population. Même si vous vous trouvez en plein cœur de la cité impériale, c’est a peine si vous croiserez une dizaine de pelés occupés à échanger des propos parfois sans le moindre sens. Ce qui nous amène a un autre point faible d’Oblivion (après j’arrête je vous jure !). Bethesda n’avait pas voulu réitérer la même erreur que Morrowind, à savoir des personnages qui laissaient leurs échoppes ouvertes jours et nuit, et pire encore des PNJ qui restaient tout le temps au même endroit quel que soit l’heure ou le temps… Dans Oblivion, un effort a été fournit et pas des moindres : les personnages rentrent chez eux, vont au bistrot du coin, ferment boutique le soir, discutent entre eux… Et c’est là que c’est la catastrophe, car les trois quarts du temps ils échangeront des propos sans cohérence. Dommage, même si c’est un peu cracher dans la soupe, mais on aurait tellement voulut que tout soit parfait !
 

Ne soyons quand même pas médisant, Oblivion est un très grand jeu, sûrement LE jeu de 2006 toutes catégories confondues. Il mérite bien sont titre d’Elder Scrolls et il n’aura pas à rougir de ses aînés : des graphismes exceptionnels, une durée de vie immense, des musiques qui savent se faire discrètes mais apportent un souffle épique au jeu, une liberté d’action rarement égalée… Et c’est déjà une énorme communauté de joueurs qui c’est rassemblé derrière ce jeu, et qui commence même à créer différents mods pour en améliorer ou le gameplay, ou le graphisme, ou encore les possibilités de jeu. Morrowind avait réussit le même exploit, et c’était des centaines de joueurs qui c’étaient attelées à la tâche de créer des dizaines et des dizaines de mods différents, allant de la créations de nouvelles textures hautes résolution, jusqu'à de nouvelles îles offrant d’innombrables quêtes supplémentaires. Il ne reste plus à espérer que la communauté sera aussi active pour Oblivion, afin de faire de cet immense jeu LE rpg le plus complet et immersif que nous n’ayons jamais pu voir.

 
 
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